Un article du Cercle alfonic.
Publié initialement sur le site ActuaLitté – Les univers du livre, le 7 juillet 2020.
Retrouvez notre dossier complet sur ActuaLitté.


Chers parents,

Vos enfants parlent, dessinent, jouent. Dans leurs activités, ils s’expriment librement. Ils font souvent preuve d’une curiosité sans limites. Bientôt, ils apprendront à lire et à écrire.

D’abord lire, ou d’abord écrire ?

Lire les textes d’un inconnu n’est pas toujours enthousiasmant. Cet exercice représente souvent un effort, car la lecture n’a rien d’une devinette : il est important de décrypter chaque lettre (ou groupe de lettres) afin d’identifier les sons qui y sont représentés.

Pour beaucoup d’enfants, la complexité de l’orthographe française représente une difficulté énorme, qui finit par les décourager. Vous-même, peut-être vous souvenez-vous des longues heures passées à étudier la règle de l’accord du participe passé… Peut-être même l’orthographe vous inquiète-t-elle encore aujourd’hui, à chaque fois que vous devez écrire.

Pouvez-vous éviter cette épreuve à vos enfants ? Souhaitez-vous leur faire découvrir la lecture et l’écriture comme un jeu et non pas comme une pénitence ? Alors nos articles sont pour vous.

Mais d’abord, une question préalable. Faut-il commencer par la lecture ou par l’écriture ?

Votre enfant veut s’exprimer

Beaucoup d’enfants aiment parler : ils vous expliquent leur journée, les jeux avec leurs amis, leur admiration pour leurs superhéros favoris. Bref, ils aiment communiquer.

Et s’ils démontraient la même liberté, le même goût pour la communication écrite ? Et si, en apprenant à écrire, ils se mettaient à comprendre, spontanément, que tout texte a un sens ? Pour vous, c’est une évidence. Mais beaucoup d’enseignants vous le diront : nombreux sont malheureusement les enfants qui déchiffrent correctement, mais qui ne comprennent pas le message au-delà des lettres. Comment y remédier ? En les faisant écrire.

Qu’est-ce que c’est, écrire ?

Il existe principalement deux manières d’écrire : soit on dessine des objets (des personnes, des lieux), c’est l’écriture idéographique. Les pictogrammes (ou idéogrammes) y sont aussi nombreux que les mots du dictionnaire. Soit on dessine des lettres, qui représentent des sons (ou phonèmes, comme disent les linguistes) : c’est l’écriture phonologique.

Le français utilise des lettres, regroupées en un alphabet. Mais ces 26 lettres ne sont pas assez nombreuses pour écrire tous les sons du français (35, ou 36 selon les régions). Aussi, le français joint plusieurs lettres pour exprimer certains sons : « ou », « eu », « in », « an », « eau », etc.

Pour vous, qui avez appris quel ensemble de lettres correspond à quel son, c’est devenu naturel – ou presque. Pour vos enfants, qui découvrent l’écriture en même temps que l’orthographe, c’est absolument illogique et très compliqué.

Écrire sans orthographe et sans complexe : avec l’alfonic

À partir de 4 ans, votre enfant parle assez bien pour identifier les sons dans les comptines et les poèmes. Si vous les lui faites remarquer, il se montrera sûrement sensible aux rimes qui terminent les vers des chansons. C’est le bon âge pour débuter avec lui dans l’alfonic.

Identifier les sons qu’on prononce est la première étape. La deuxième étape est celle de l’écriture. Idéalement, pour que vos enfants se familiarisent avec le principe de l’écriture en toute simplicité, il faudrait qu’un son égale une lettre ; une lettre égale un son. Sans exception. Une écriture parfaitement logique. Mais aussi une écriture précise, rationnelle et concrète. Précise parce qu’il faut distinguer chaque son, sous peine de confondre les lettres qui leur correspondent (écrire comme on entend, ce n’est pas écrire n’importe comment). Rationnelle, parce qu’on ne peut pas faire plus clair. Concrète, parce qu’elle se base sur ce que les enfants connaissent déjà : les sons qu’ils prononcent tous les jours. Le but ? « Je parle, donc j’écris ! »

Cette écriture existe : elle se nomme l’alfonic. Les enfants se sentent rassurés par sa logique. L’alfonic leur permet d’écrire sans connaître l’orthographe : plutôt que de devoir absorber toutes les difficultés à la fois, ils apprennent étape par étape. D’abord ils se familiarisent avec l’écriture, puis ils découvrent les règles de l’orthographe.

Un tremplin vers l’orthographe

Il faut expliquer aux enfants qu’on les fait débuter avec un jeu, mais qu’ils apprendront plus tard « la vraie écriture des adultes, des livres, des affiches et d’internet ». On peut déjà, même quand ils jouent avec l’alfonic, leur présenter des mots en orthographe.

Pour éviter toute confusion entre l’alfonic et l’orthographe, on recommande d’écrire l’alfonic en écriture « bâton » de couleur rouge. L’alfonic est évidemment transitoire : une fois que le principe de l’écriture et de la lecture est bien acquis, il est nécessaire de passer à l’orthographe.

Dans l’enseignement traditionnel, les élèves se montrent souvent résignés et inquiets devant les difficultés orthographiques. Or les enseignants qui ont travaillé avec l’alfonic en classe ont constaté avec stupeur que leurs élèves faisaient preuve d’une curiosité amusée pour les bizarreries de l’orthographe, comme si celles-ci étaient « l’habit de fête » de l’écriture, avec décorations et paillettes.

Les sons du français et leur écriture alfonic

Pour aider vos enfants, il vous sera utile d’identifier tous les sons du français. Le tableau ci-joint les représente : en début de mot, en milieu de mot, en fin de mot (cliquez dessus pour le télécharger).

Il est possible que vous ou vos enfants ne reconnaissiez pas certains sons : selon votre accent, certains sons peuvent vous être inconnus. Ce n’est pas grave. L’orthographe est une norme, la même pour tous ; l’alfonic, lui, est adaptable. Par exemple, on n’écrit pas les « e » muets qu’on ne prononce pas. Si vous articulez brun exactement comme brin, il n’est pas nécessaire de faire reconnaître le son « un » à votre enfant. Si vous n’entendez pas la différence entre la semi-voyelle « ou » de ouistiti et la voyelle « ou » de loup, ce n’est pas un drame : l’alfonic les note d’ailleurs avec une seule lettre (w). L’important, c’est que votre enfant apprenne à relier les sons qu’il entend avec les lettres qui leur correspondent en alfonic.

En français, les « sons-voyelles » sont bien plus nombreux que les lettres correspondant à des voyelles dans l’alphabet. Les voyelles orales sont celles pour lesquelles le son sort uniquement par la bouche. Dans les voyelles nasales, le son sort en partie par le nez. Si vous dites « un bon vin blanc » en vous bouchant le nez, vous sentirez que vous ne prononcez pas comme d’habitude. En alfonic, les voyelles nasales sont représentées avec un tréma, que les enfants assimilent visuellement aux trous du nez. Il n’est pas nécessaire d’expliquer ces précisions techniques à vos enfants ; il vaut mieux les amuser par de petits exercices pratiques.

En 7 semaines, nous vous fournirons un panorama de la progression avec l’alfonic (voir l’exercice ci-joint : Remets les lettres en ordre). Cela ne remplacera pas une année à l’école, mais aidera vos enfants à comprendre le principe de l’écriture et de la lecture.

N’hésitez pas à jouer avec vos enfants : écrivez-leur des histoires, faites-leur rédiger des lettres et des mots doux.

Bon amusement !

  • Un livre pour débuter : François-Xavier Nève, Alfonic. Écrire sans panique le français sans orthographe, Now Future Éditions, Liège, 2019. En vente ici.

 

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