Un article de Wendy Nève

Si les phonèmes « i », « u » et « ou » sont bien connus en tant que voyelles, le français les utilise également comme semi-voyelles (ou semi-consonnes).

Rappelons que les voyelles sont les phonèmes par lesquels la voix se fait entendre sans coupure. Ce sont elles qu’on allonge pour chanter de longues notes. Pour les consonnes, qu’elles soient sonores (voisées) ou sourdes (non voisées), le passage de l’air sortant de la bouche est obstrué. L’obstruction peut donner un son de frottement (dans les consonnes fricatives) ou de claquement (dans les consonnes occlusives). Voilà pour les voyelles et les consonnes.

Or, en français, nous disposons de trois phonèmes dont l’articulation est la même que celle des voyelles « i », « u » et « ou », mais qui, à l’intérieur des mots, fonctionnent comme des consonnes entourant une autre voyelle.

Dans caillou, on a deux syllabes, dont les voyelles sont « a » et « ou ». Entre ces deux voyelles s’insère la semi-voyelle « i » ou « ill- ». Si, pour jouer, on voulait transformer ce « i » en voyelle pleine, on dirait « ca-ill-ou » en trois syllabes.

Dans huit, on a une seule syllabe, dont la voyelle est « i ». Cette dernière est précédée de la semi-voyelle « u ». Si, pour jouer, on voulait transformer ce « u » en voyelle pleine, on dirait « hu-it » en deux syllabes.

Dans oui, la voyelle est « i », et la semi-voyelle « ou » (ou « w », prononcé à la wallonne). Si, pour jouer, on voulait transformer ce « ou » en voyelle pleine, on dirait « ou-i » en deux syllabes.

En alphabet phonétique international, on les écrit :

  • semi-voyelle « i » de caillou, moyen, meilleur, abeill: /j/. En alfonic : y.
  • semi-voyelle « u » de huit, juin, cuivre : /ɥ/. En alfonic : u.
  • semi-voyelle « ou » de oui, whisky, ouate, oie, poivre, point : /w/. En alfonic : w.

La difficulté à les identifier dans la langue française vient sans doute de l’impossibilité de l’orthographe française à les noter par une lettre unique qui les représenterait avec certitude.

Pour les semi-voyelles « u » et « ou », l’alfonic a préféré utiliser les lettres déjà employées pour les voyelles, car le sens des mots ne changerait pas même si on voulait transformer la semi-voyelle en pleine voyelle – ce qu’on fait d’ailleurs parfois dans la poésie.

Pour la semi-voyelle « i » en fin de mot, l’alfonic a choisi la lettre y pour qu’on puisse différencier :

  • abeille et abbaye,
  • treille et treillis,
  • taille et taillis.

Mais à l’intérieur d’un mot, on peut utiliser la lettre i. Là aussi, si on veut s’amuser à dire « pi-a-no » et « vi-o-lon » en trois syllabes (en diérèse) comme en poésie, cela ne changera rien au sens des mots.

Aujourd’hui, ce sont les wagons de trois petits trains qui nous emmènent en voyage avec les semi-voyelles.

Bon amusement !

Illustration : Pixabay et Wendy Nève.

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